Ether à 230€ : déclin ou opportunité ?

Ce 14 août 2018, l’éther s’échange à 234€ ce qui représente une importante baisse depuis l’euphorie du début 2018 avec plus de 1000€/ETH.

Pourquoi cette baisse et comment peut-on l’analyser ?
S’agit-il d’un déclin irrémédiable ou d’une opportunité pour acquérir des éthers à bon compte ?

L’éther suit généralement le cours du bitcoin de façon assez systématique avec une valeur moyenne d’échange de l’ordre de 0,07 ETH/BTC. Mais maintenant on observe aussi une baisse de l’éther face au bitcoin depuis la mi-juillet 2018 pour atteindre environ 0,044 ETH/BTC en ce 14 août 2018.

Le mouvement était inverse en décembre 2017 et janvier 2018 où la parité éther/bitcoin avait atteint un sommet à 0,11 ETH/BTC. Hausse probablement liée à l’annonce d’une année 2018 pleine de réalisations pour Ethereum.

Alors cette baisse de l’éther est-elle synonyme d’une perte de confiance dans Ethereum ?

Il y a certainement une déception des observateurs face aux évolutions attendues et dont on ne voit pas arriver les réalisations. On parle principalement des évolutions portant les noms de Casper (nouvelle validation) et de Sharding (parallélisation des transactions) dont les buts sont à la fois d’améliorer drastiquement les performances du système (passer de 20 transactions par seconde à 1000 transactions/s voire 15.000 transactions/s) et de migrer vers un nouveau mode de validation plus économique et plus démocratique (Proof of Stake au lieu de Proof of Work).

L’espoir de voir la réalisation de Casper en 2018 a été déçue par la décision (en juin 2018) de combiner la réalisation de Casper et de Sharding (ou pour être plus exact, il s’agit de faire en sorte que Casper adopte la même approche que celle de Sharding). On sait que cette décision va drastiquement améliorer les performances mais cela a reporté l’évolution de Casper à une date plus lointaine et inconnue… Probablement pas en 2018, d’où une perte d’intérêt pour nombre de spéculateurs qui vendent leurs éthers.

La mutualisation des efforts de Casper et Sharding a pourtant plus d’un effet positif sur Ethereum, celui d’accélérer les futures réalisations, la performance déjà évoquée et aussi la démocratisation des conditions pour devenir validateur (il ne faudra plus 1500 ETH mais 32 ETH).

L’incertitude concernant les délais des mises en oeuvre de Casper et de Sharding fait indéniablement baisser le cours de l’éther face au bitcoin, et c’est sûrement une véritable opportunité car cette incertitude sur le délai est incomprise. Il est en effet impossible de prédire le temps nécessaire pour inventer un nouveau système !

Les autres systèmes concurrents d’Ethereum (EOS, Rootstock, Cardano, …) restent dans la course à l’innovation mais sont actuellement moins prometteurs qu’Ethereum autant par la taille que par la vivacité de leurs communautés.

En plus de Casper et Sharding, il existe une vingtaine de projets visant à apporter des gains de performance en construisant des protocoles au-dessus d’Ethereum (solutions « layer 2 » ou « off chain « ) : Plasma, Raiden, …

Les cryptomonnaies continuent à évoluer et leur utilité va augmenter avec la numérisation et la globalisation. Et il ne s’agit pas que de l’aspect monétaire, l’intérêt des programmes de confiance (« smart contracts ») et les désintermédiations associées représentent les véritables valeurs ajoutées de ces systèmes.

Notons l’entrée progressive des cryptomonnaies dans les discussions des acteurs institutionnels, cette technologie semble devenir moins sulfureuse et offrir quelques atouts aux yeux des banques, BNP analyse par exemple la levée de fonds via les cryptomonnaies. D’autres nous montrent que la livre turque devient plus volatile que le bitcoin.

Alors un éther à 230€ à la mi-août 2018 est probablement une opportunité mais il n’existe aucune certitude. Rendez-vous courant 2019 pour vérifier cela. 😉

Interview concernant la baisse du cours de l’éther et le futur :

https://www.bloomberg.com/news/videos/2018-08-14/ethereum-co-founder-lubin-says-trader-types-driving-crypto-swings-video

 

Emprunter et mettre sa cryptomonnaie en garantie

CréditEst-il possible d’utiliser une valeur en cryptomonnaie pour garantir un prêt auprès d’une institution financière ? Explorons une piste concrète pour y arriver dès aujourd’hui, même s’il faut s’attendre à des réticences de la part des banquiers. Cet état va évoluer rapidement vu le nombreuse de jeunes sociétés qui se lancent sur ce marché (voir le tableau ci-dessous).

La première cryptomonnaie (Bitcoin) existe depuis janvier 2009, il y a bientôt 10 ans, au cours de cette décade les concepts de base ont été améliorés et la recherche continue a être très active dans ce domaine. En juin 2018, la masse monétaire de l’ensemble des cryptomonnaies dépasse les 200 milliards d’euros (https://coinmarketcap.com/fr/) et a même dépassé les 400 milliards d’euros en décembre 2017. La volatilité des cryptomonnaies doit évidemment être pleinement prise en compte si on veut parler de garantie pour obtenir un prêt.

D'emblée l’idée d’utiliser pleinement la technologie des Smart Contracts parait intéressante. C’est l’approche utilisée par de nombreuses startups telles que SALT (https://www.saltlending.com), CoinLoan (https://coinloan.io/) ou encore ETHLend (https://ethlend.io/en/). Cependant en juin 2018 la maturité manque encore à trois niveaux. Premièrement, il reste compliqué d’écrire des Smart Contracts exempts d’erreur informatique, la sécurité du code est encore difficilement assurée (voir les vulnérabilités découvertes dans The DAO en juin 2016). Deuxièmement, il y a des aspects internationaux et les légalisations ne permettent pas de gérer complètement les Smart Contracts. Et enfin, les mentalités ne sont pas encore prêtes, la confiance prend du temps et les cryptomonnaies continuent à diabolisées par ceux qui se voient concurrencé par elles.

Envisageons une approche sans Smart Contract, moins technologique mais réalisable dès aujourd’hui. Et n’oublions pas que dans le domaine des cryptomonnaies, démarrer en avance peut devenir très rémunérateur.

En Belgique, depuis janvier 2018, un registre des gages a été mis en ligne (https://finances.belgium.be/fr/E-services/registre-des-gages). La procédure se fait totalement en ligne et les lois belges encadrent ces mises en gage.
En France, le même mécanisme existe (https://www.cngtc.fr/fr/fichier-national-des-inscriptions-des-gages-sans-depossession.html).

idéeL’idée est de mettre en gage un compte de cryptomonnaie d’une valeur monétaire supérieure au prêt consenti par la banque.

Une convention de gage est signée entre la banque et l'emprunteur, elle définit le bien grevé (le compte de cryptomonnaie), les conditions de remboursement et comment la réalisation (ou attribution du gage) sera effectuée.

En cas de défaut de l'emprunteur, la convention peut simplement prévoir un transfert de la cryptomonnaie vers le créancier gagiste. Une simple transaction vers un compte en cryptomonnaie préalablement défini par le créancier est une solution immédiate. Si le créancier ne veut, ou ne peut, gérer ces actifs alors la vente de cryptomonnaie par l'emprunteur doit être prévue.

A noter les avantages de la mise en gage d’un compte en cryptomonnaie comparés aux autres types de gage :

  1. Le créancier peut vérifier en continu la présence et la valeur réelle du gage.
  2. La cryptomonnaie est un bien divisible, fongible et instantanément transférable.
  3. Le gage peut être plus facilement vendu qu’un bien matériel ou même que des titres étant donné l’ouverture en continu des plateformes d’échange de cryptomonnaie.

Ces avantages assurent une totale flexibilité du gage et autorise par exemple l’adaptation en continu de la valeur gagée en fonction du capital restant à garantir. Un remboursement mensuel peut permettre au débiteur (par convention) de libérer un montant proportionnel en cryptomonnaie. A l’inverse, en cas de dépréciation du gage (instantanément connue des deux parties), le débiteur pourrait alimenter le compte gagé ou être obligé de vendre (ou transférer) une partie du gage au profit du créancier afin de restaurer le niveau de garantie convenu.

Reste à faire l’analyse de risque du point de vue du créancier et en particulier pour se prémunir de la volatilité des cryptomonnaies. Le gage doit avoir une valeur supérieure au prêt consenti, un montant deux fois supérieur est souvent recommandé (par exemple par Nebeus ou aussi par MoneyToken) et résulte d’une analyse rétrospective des variations du cours du bitcoin. Avec un gage de valeur trois fois supérieure au prêt, le risque de garantie insuffisante devient négligeable.

La mise en gage de cryptomonnaie est très intéressante pour l'emprunteur vu la valorisation qui ne fait que croître annuellement. Les deux indices suivants en témoignent.

Le 2 juin 2018, l’indice MVIS affiche une performance pour le bitcoin de plus de 3.900% sur 3 ans. Et l’indice de l’ether affiche une performance de 48.200% depuis sa création (août 2015).

Du point de vue des institutions financières, une analyse de risque sérieuse reste à établir. Comme éléments favorables nous avons :

  1. La législation encadrant les gages et leurs enregistrements
  2. La transparence et la flexibilité liées aux gages en cryptomonnaie
  3. La couverture totale du risque financier et la liquidation aisée du gage : pas de risque de défaut à couvrir.

Comme éléments défavorables :

  1. La nouveauté et la barrière des réticences naturelles
  2. La volatilité des cryptomonnaies
  3. La législation floue liée aux cryptomonnaies

Face à ces éléments, on peut se demander si les banques vont s’intéresser à ce marché, et si oui comment la banque va-elle adapter son processus de vérification de solvabilité de l'emprunteur ? Et qu’en sera-t-il du taux d’intérêt ?

De multiple propositions fleurissent sur Internet pour obtenir des prêts moyennant la mise en garantie de cryptomonnaies. Toutes ces startups doivent passer par trois étapes que les institutions financières ont déjà franchies.

  1. Leur financement : réalisé par une ICO (Initial Coin Offering) et/ou par adossement à une banque
  2. Établir un processus KYC (Know You Customer)
  3. Obtenir les licences des autorités de chaque état

Ces 3 étapes qui constituent une barrière coûteuse que les startups ont passé ou entreprennent de passer dans quelques mois.

Liste des sociétés actives dans les emprunts garantis par des actifs en cryptomonnaie :

 Statuts (juin 2018)MarchésTauxRemarques
SALTActifNouvelle-Zélande, Grande-Bretagne, USA (partiellement)Défini par le réseau des prêteurs accrédités par la plateformeNécessité de devenir membre via le jeton SLT (ERC-20) : ~250 M$.
CoinLoanICO clôturé, ouverture annoncée en Q3 2018Europe en 2018, Asie plus tardDéfini par le réseau des prêteurs accrédités par la plateformeFrais payés via le jeton CTL (ERC-20) et commissions laissées par les prêteurs (10%).
ETHLendActif pour les jetons, obtention des licences en cours pour les prêts en euroEurope (pour les prêts en euro)Voir les offres et demandes sur la plateformeJeton LEND : ~60 M$.
NebeusEn développementEurope ?20%, réductions via l'utilisation des jetonsOffre d'autres services bancaires
MoneyTokenICO en juin 2018, développements en cours. Aboutissement annoncé en Q4 2019Europe et Asie ?10% à 15%Basé sur un jeton stable MTC (ERC-20).
NexoPartiellement actif, prêts en euro annoncés en juin 2018, aboutissement en Q2 2019Europe / Monde16%, réductions via l'utilisation des jetons NEXOCarte de crédit prévue.
Jeton NEXO (ERC-20) : ~179 M$.
EverexActif, micro-financementRussie, Thaïland, Birmanie?Application Android et bientôt iOS.
Jeton EVX (ERC-20) : ~27 M$.
CelsiusICO clôturé en mars 2018, aboutissement en 2019?<10%Basé sur le jeton CEL (ERC-20).
RCN Global LendingICO clôturé en décembre 2017, pas de feuille de route.??Jeton RCN (ERC-20) : ~90 M$.
Unchained CapitalActif (bitcoin)USA (partiellement)12% à 18%

Comment devenir rentier avec Ethereum

Les recherches et développements d’Ethereum progressent vers système plus performant. En ce début mai 2018, une étape a été franchie avec la publication d’une première version de l’algorithme Casper the Friendly Finality Gadget [1]. Grâce à Casper FFG, la sécurisation des transactions se fera progressivement via un mécanisme incommensurablement moins énergivore et plus rapide qu’aujourd’hui. A noter que ces deux caractéristiques (consommation d’énergie minimisée et rapidité des transactions) assureront une avancée déterminante et devrait propulser l’ether plus haut dans la compétition entre crypto-monnaies.

 

Dans un premier temps, la sécurisation par preuve de travail (énergivore) sera combinée à un mécanisme de preuve d’enjeu. En d’autres mots les mineurs seront aidés par des valideurs. Ensuite, les mineurs ne devraient plus être nécessaires. C’est le plan prévu par la fondation Ethereum.

 

A ce stade, il ne s’agit que d’une proposition qui doit encore évoluer avant sa mise en oeuvre. Les spécifications ont été publiées en octobre 2017 [2].

 

Il est intéressant de remarquer que Casper FFG favorise à la fois la décentralisation et la coopération des valideurs (voir cette présentation faite le 5 mai 2018 par Vitalik Buterin [3]).

 

Casper FFG propose de réduire la récompense des mineurs de 3 ETH à 0.6 ETH par bloc (1.800€ à 360€ par bloc au taux du 13 mai 2018). La raison étant que « la sécurité de la chaîne de blocs est considérablement déplacée de la preuve de travail (PoW [4]) à la preuve d’enjeu (PoS [4]) et parce que les récompenses sont maintenant attribuées à la fois aux valideurs et aux mineurs. » [5]

Devenir un valideur = devenir rentier ?

Un valideur Ethereum peut devenir rentier en recevant 5% de la somme engagée. Rien n’est encore certain aujourd’hui mais si cela se vérifie alors on arriverait à un rendement similaire à un placement immobilier dans nos pays européens, avec certainement beaucoup moins de contraintes et tracas…

 

Mais bien entendu le valideur a des devoirs et des responsabilités :

 

  1. D’abord, le valideur doit mettre en gage 1.500 ETH (900.000€ au taux du 13 mai 2018) qui resteront immobilisés jusqu’à 4 mois après cessation de l’activité de valideur.
  2. Ensuite, le valideur doit rester en ligne suffisamment longtemps pour assurer son rôle de valideur. A défaut, le valideur peut perdre une partie de son gage.

 

Plusieurs valideurs peuvent s’associer pour réunir les 1.500 ETH nécessaires à la validation.

 

Le rendement de 5% est théorique [6] et se base sur un dépôt total de 10 millions d’ETH, sinon le rendement serait différent :

 

Dépôt total Intérêt annuel
2,5 M ETH 10,12%
10 M ETH 5%
20 M ETH 3,52%
40 M ETH 2,48%

Conclusions

En dehors de la spéculation pure et simple, investir dans Ethereum pourra également apporter un rendement qui intéressera les investisseurs plus traditionnels. Cela ajoutera une nouvelle motivation dans l’utilisation d’Ethereum.

 

Références

[2] Casper the Friendly Finality Gadget, https://arxiv.org/pdf/1710.09437.pdf
[3] Devenir valideur, présentation de Vitalik Buterin, https://youtu.be/NJ9StJThxZY?t=3h51m20s
[5] Analysis of Casper PoW Reward Reduction, https://gist.github.com/djrtwo/bc864c0d0a275170183803814b207b9a
[6] La proposition Casper FFG, https://eips.ethereum.org/EIPS/eip-1011

Ethers : rétrospective 2017 et valeur future

En mars 2016, lors de mon premier billet sur la valeur future d’Ethereum, un éther était échangé contre 10€.

Un an plus tard, en mars 2017, à la date du second billet, l’éther avait atteint le prix de 41€.

Valeur de l’éther le 19 décembre 2017 : 726€

Ces derniers jours, en décembre 2017, l’éther s’est échangé à 726€.

 

Alors il faut se demander à quelle valeur l’éther va se stabiliser et d’où vient sa valeur.

En ce mois de décembre 2017, la valorisation totale de l’ensemble des crypto-monnaies a dépassé les 530 milliards d’euros. Les crypto-sceptiques, dont la majorité des intermédiaires financiers fait partie, pensent qu’il s’agit d’une bulle qui éclatera tôt ou tard mais sans argument pertinent. Simplement, personne n’a vu cela et aucun commentateur ne comprend le phénomène. Il y a pourtant indéniablement un effet réseau qui explique l’augmentation de la valeur des crypto-monnaies. La croissance qu’on observe actuellement est liée à la courbe d’adoption combinée à l’effet réseau.

Naturellement, tous les métiers potentiellement uberisés par cette révolution numérique, se défendent. Et on entend toujours les mêmes arguments : ces crypto-monnaies ne reposent sur rien de tangible, elles ne valent rien, elles sont purement spéculatives et cette bulle est similaire à la tulipomanie (réf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tulipomanie). D’autre part, les crypto-monnaies ne manquent pas d’être diabolisées, elles seraient utilisées pour mener des actions illicites. Entendez : « si vous les utilisez alors vous êtes suspect, mieux vaut rester loin de ces choses« . On se rappellera peut-être de la diabolisation d’internet à ses débuts.

Pourtant des produits financiers, des « futures » basés sur le bitcoin ont vu le jour en ce mois de décembre 2017. Et il s’agit bien là de pure spéculation puisque le client ne possède pas de bitcoin. A travers cette financiarisation, la généralisation des crypto-monnaies est donc lancée et ne s’arrêtera pas.

Pour faire dans le sensationnalisme, en décembre 2017, Bloomberg prédit la disparition des banques dans les 10 ans, le bitcoin atteindrait 100.000 $ en 2021, et un million de dollars en 2028. Dans les médias, le Bitcoin occulte encore les autres crypto-monnaies alors qu’elles apportent d’importantes évolutions qui vont, pour sûr, supplanter le Bitcoin à court terme (très probablement dans les 2 à 4 ans maximum).

Le bitcoin s’est déjà fractionné en plusieurs branches (Bitcoin Cash, Bitcoin Gold) suite à des divergences sur son évolution.

Plusieurs banques (UBS, Crédit Suisse, KBC et d’autres) ont récemment développé une plateforme de réconciliation basée sur Ethereum. Les institutions entrent résolument dans les crypto-monnaies et entrainent de plus en plus d’utilisateurs.

Sur quoi repose la valeur des crypto-monnaies ?

D’abord il faut se poser la même question en ce qui concerne l’or et l’euro. Toutes les monnaies reposent sur la confiance populaire qu’elles seront acceptées par tous en échange de biens ou services. La valeur de l’or repose sur une confiance historique et ancestrale. L’or n’a que très peu d’utilité intrinsèque et certainement pas à la hauteur de sa valorisation. La valeur de l’euro repose elle sur notre confiance en nos gouvernements, banques et lois.

Les crypto-monnaies reposent sur la confiance numérique mais aussi sur leurs utilités qui va croître avec l’adoption en marche, l’effet réseau va encore décupler la valeur globale des crypto-monnaies.

Quelques propriétés et utilisations des crypto-monnaies :

  • bancarisation des personnes ne pouvant l’être par le système actuel, ce qui participe au développement
  • protection contre l’hyperinflation (Vénézuela, Argentine, Zimbawe)
  • protection contre la censure (Wikileaks)
  • financements participatifs
  • émergence d’applications décentralisées
    • identité auto-souveraine (Identity ERC-725uPortSelfkey)
    • gestion sécurisée et responsable des données personnelles
    • prêts entre particuliers
    • micro-paiements
    • gestion numérique des droits d’auteur

Ethereum en 2018

Plusieurs développements majeurs sont en cours sur Ethereum. En particulier, on pense à la mise au point d’un nouvel algorithme de consensus qui ne nécessitera plus autant de calcul intensif (« proof of stake »). Ou encore la protection des données des transactions (zk-SNARKs).

Il y a de quoi rendre Ethereum encore plus attractif qu’aujourd’hui. Assurément la valorisation de l’éther progressera encore en 2018. 😉

Essor de la confiance numérique

Le Bitcoin, les chaînes de blocs, Ethereum ou la numérisation de la confiance en quelques mots.

Cela fait maintenant 8 ans que la technologie de la confiance numérique existe, elle nous permet d’échanger de la valeur, c’est-à-dire des euros, des dollars, des bitcoins ou des éthers directement entre particuliers sans passer par une banque.

Aujourd’hui, en mai 2017, la valeur totale des 3 crypto-monnaies les plus importantes (Bitcoin, Ethereum et Ripple) dépasse les 64 milliards d’euros alors qu’il y a 2 ans, cette valeur atteignait à peine 3 milliards d’euros.

Capitalisation des 3 plus importantes crypto-monnaies, le 25 mai 2017

L’élément fondamental de cette croissance monétaire réside dans le développement de la technologie de la confiance numérique ou autrement dit la numérisation de la confiance via la chaîne de blocs (ou blockchain en anglais).

Cette technologie remplacera petit à petit la nécessité absolue de faire appel à une multitude de tiers de confiance tels que les banques, notaires, avocats, juges, bureaux d’enregistrement, d’administration ou même de vote. Non pas que les métiers associés vont disparaître mais ils seront transformés comme la poste l’a été avec l’essor du courrier électronique ou les commerces par les achats sur Internet.

La numérisation de la confiance renforcera encore l’économie collaborative, les Uber et Airbnb vont perdre de leur dominance quand les particuliers pourront gérer eux-mêmes leurs réputations en dehors de ces plateformes centralisées. Car la numérisation de la confiance va dans le sens d’une décentralisation plus importante.

Plus intéressant encore, la possibilité de gérer directement son identité numérique de façon individuelle et sécurisée pour ne plus dépendre de Google, Facebook ou même de notre registre national.

Si notre bien-être aujourd’hui dépend effectivement en partie de la confiance mutuelle que nous nous accordons chaque jour sur Internet alors la numérisation de la confiance va dans le bon sens.

On le constate avec les arnaques et ransomwares : plus notre confiance en l’Internet devient forte, plus il est tentant de frauder le système. Mais heureusement la numérisation de la confiance est aussi en marche, elle va nous aider à maintenir, et même mieux, augmenter notre confiance en l’Internet : les fraudes seront réduites là où les tiers de confiance pourront être remplacés par des algorithmes qui, eux, sont incorruptibles.

De la valeur future d’Ethereum, un an plus tard

Il y a juste un an, en mars 2016, l’ether a connu une forte croissance de valeur pour atteindre 10€. Cette progression était principalement due à l’anticipation du lancement d’une nouvelle étape d’Ethereum, nommée Homestead.

Depuis mars 2016, plusieurs événements ont fait évoluer Ethereum. Les quatre plus visibles étant (1) le lancement du projet DAO qui a récolté plus de 160 millions d’euros, (2) sa débâcle suite à une erreur dans son code, (3) la récupération des ethers détournés suite à la débâcle et (4) les attaques par déni de service du réseau Ethereum suivies de la résolution des faiblesses mises en lumière. Avec le recul, tout le monde peut constater que le système Ethereum a traversé ces événements en se renforçant.

En un an, la valeur de l’ether a été multipliée par plus de quatre pour atteindre 41€ en mars 2017 après avoir connu un pic à plus de 46€.

Quelles sont les forces d’Ethereum ?

Bitcoin reste un point de comparaison intéressant pour analyser les forces et les caractéristiques d’Ethereum. Tout d’abord, la gouvernance du protocole a été mise en place dès le lancement du projet avec la création d’une fondation basée en Suisse. Les développements sont assurés pour quelques années encore.

Ensuite, Ethereum est basé sur plusieurs programmes développés en parallèle par des équipes indépendantes. Cette approche est beaucoup plus robuste que s’il n’existait qu’une version unique du code gérant le réseau. De plus, Ethereum a son plan de développent établi et d’importantes améliorations sont prévues.

Enfin, Ethereum est un écosystème vaste et ambitieux sur lequel une révolution numérique sera construite. Beaucoup de systèmes que nous utilisons tous aujourd’hui peuvent être reconstruits ou évoluer vers Ethereum, avec l’avantage de réduire ou supprimer la centralisation de ces systèmes.

Quelle progression peut-on prévoir au cours de l’année avenir ?

En juillet 2014, lors du financement participatif d’Ethereum, le prix avait été fixé à 1 bitcoin = 2000 ethers soit 1 ether = 0,145 €.

Début mars 2016, le prix de l’ether était à 10€.

Et ce 20 mars 2017, le prix de l’ether atteint 41€ soit une valeur multipliée par 282 en 2 ans et 8 mois.

Source : Cryptocompare.com

Chaque nouvelle application construite sur Ethereum ajoute de la valeur à l’ether. Pour faire une analogie, posséder des ethers c’est comme posséder du pétrole, car la machine Ethereum consomme des ethers pour accomplir ses tâches, c’est-à-dire faire tourner des programmes divers et variés comme il en existe des centaines sur chaque ordinateur.

L’ether possède une utilité qui va croître à l’avenir, quelques grands projets ambitieux sont basés sur Ethereum.

Deux éléments ont participé à l’essor récent du cours de l’ether :

  1. L’annonce des futurs développements et améliorations qui feront parties de la prochaine grande étape appelée Metropolis.
  2. Le lancement d’un groupe de coordination par les sociétés s’intéressant à Ethereum, appelé Enterprise Ethereum Alliance et ayant comme membres : Microsoft, Intel, BP, ING, Crédit Suisse, …

La sortie de Metropolis n’est pas pour demain mais il parait raisonnable de la voir aboutir d’ici une année.

Opérationnel depuis juillet 2015, Ethereum n’a pas deux ans et a pourtant évolué vite.

Conclusions

Ethereum mûrit et de nombreux acteurs travaillent activement aux développements de tout son écosystème. A la lumière des événements passés et des développements annoncés, il paraît qu’investir dans l’ether aujourd’hui est encore une bonne idée d’autant plus que les entreprises s’y intéressent et construiront des services grand public basés sur Ethereum.

Technique de la confiance automatique

TrustLes documents signés électroniquement nécessitent de conserver leur validité pendant une très longue période. Pour rester valables, l’intégrité (pouvoir vérifier qu’il n’y a eu aucune modification depuis la création) et l’authenticité (l’origine peut être identifiée) doivent être protégées sur toute la durée de vie des documents. De plus, l’horodatage (preuve de l’existence des données à une date donnée) et la non-répudiation (possibilité de vérifier l’identité irrévocable des parties) sont nécessaires.

L’intégrité, l’authenticité et la non-répudiation des documents électroniques sont obtenues par l’utilisation des signatures électroniques. Heureusement, beaucoup d’européens (autrichiens, belges [1], allemands [2], estoniens, finlandais, italiens, espagnols …) possèdent une signature électronique grâce à leur carte d’identité électronique (eID). Malheureusement, les signatures électroniques sont basées sur les certificats (X509) qui ont tous une date d’expiration.

En raison de l’expiration des certificats, les signatures deviennent invalides et donc la non-répudiation des documents signés n’est pas assurée à long terme.

Si on peut prouver la validité d’un document signé à un moment donné, ainsi que la validité de la méthode de contrôle utilisée pour valider les signatures électroniques au même moment, alors la validité du document signé électroniquement n’expirera pas.

Les preuves de validité (de la signature et de sa vérification) étendent la fiabilité de la signature au-delà de la durée de vie des certificats correspondants, assurant ainsi l’authenticité et la non-répudiation à long terme.

Nous pouvons donc montrer comment procéder pour obtenir une confiance automatique dans les documents signés électroniquement, et ce aussi longtemps que les méthodes cryptographiques utilisées conservent leur sécurité.

Cette technique de la confiance automatique utilise Ethereum et est une variation des Optimized Certificats (OCs) proposée dans [3] et [4].

Références

Cet article a été notarié dans sa première version anglaise le 17 novembre 2015 via Stampery.com et dans cette version française abrégée le 23 mars 2016 (via Stampery.com et OriginStamp.org)

[1] Site de l’eID belge : http://eid.belgium.be/fr

[2] Guide de l’eID allemande : https://www.bundesdruckerei.de/sites/default/files/documents/2013/06/eid-card-pocket-guide-en.pdf

[3] Custodio, R.F., Vigil, M.A.G., Romani, J., Pereira, F.C., da Silva Fraga, J. : Optimized Certificates – A New Proposal for Efficient Electronic Document Signature Validation. In Mjo lsnes, S.F., Mauw, S., Katsikas, S.K., eds. : EuroPKI. Volume 5057 of Lecture Notes in Computer Science., Springer (2008) 49-59

[4] Martin A. G. Vigil, Daniel Cabarcas, Alexander Wiesmaier, and Johannes Buchmann : Authenticity, Integrity and Proof of Existence for Long-Term Archiving: a Survey, Springer (2012)

De la valeur future d’Ethereum

Comprendre Ethereum et peut-être embarquer au bon moment dans cette (r)évolution.

Ethereum, qu’est-ce que c’est ?

Ethereum est un ordinateur mondial ouvert à tout le monde. Il peut être programmé par quiconque sait y faire, ses applications seront donc innombrables et accessibles à tous, ce qui lui donne une utilité palpable et une réelle valeur.

Pour comprendre ses potentialités, peut-être faut-il se souvenir des débuts de la micro-informatique. A l’époque, il était difficile d’imaginer à quoi ces machines isolées allaient pouvoir servir en dehors des jeux vidéo. Aujourd’hui, grâce aux interconnexions, l’ordinateur personnel est devenu un outil de travail indispensable dans tous les secteurs de l’économie.

Ethereum est un ordinateur partagé qui appartient à tous et n’est contrôlé par personne. Il est disponible en permanence, personne ne peut l’arrêter ni le censurer. Il est extrêmement redondant car constitué d’une multitude d’ordinateurs connectés entre eux (en mode pair à pair), chacun exécutant un programme public (open source ou « code source ouvert »).

Ethereum est aussi un ordinateur sécurisé où chacun des composants collabore et assure ensemble la cohérence, la vérification et la sécurité du système. Si un des composants triche ou devient défaillant, il sera ignoré par les autres.

A l’instar de Bitcoin qui n’a pas besoin d’intermédiaire (banque) pour échanger des unités monétaires, Ethereum offre des services qui n’ont plus besoin d’intermédiaire.

Ses origines

Ethereum trouve ses origines dans Bitcoin, il est parfois présenté comme Bitcoin 2.0 et parfois comme le Web 3.0

Ethereum se base sur une chaine de blocs (Blockchain), comme Bitcoin. Mais il a été conçu pour permettre d’ajouter facilement de la logique, autrement dit d’écrire des programmes (aussi appelés contrats intelligents ou autonomes) pour étendre les capacités autant qu’il est possible de le faire.

Dans le sillage du Bitcoin dont le succès se mesure, entre autre, par sa capitalisation financière (supérieure à 6,5 milliards de dollars en mars 2016), beaucoup d’autres crypto-monnaies ont été créées. Certaines ont un but spécifique (comme Solarcoin qui promeut la production d’électricité photovoltaïque), d’autres ne sont que des clones de Bitcoin (comme Litecoin). L’idée a alors germée de créer une plateforme qui permettra d’accomplir tout objectif qui pourra être programmé…

Sa valeur

La valeur d’Ethereum croitra avec le nombre d’applications intéressantes développées et utilisées. Le bouillonnement d’applications créées (avant même la finalisation d’Ethereum) nous donnent une indication que le mouvement est bien lancé. L’ouverture de la plateforme encourage son développement par quiconque est intéressé de le faire.

Un autre vecteur de croissance sera l’interconnexion d’Ethereum avec des appareils de tous les jours. Un ordinateur isolé de son environnement a peu de valeur alors que sa mise en réseau décuple ses possibilités. Les quelques projets d’interconnexion d’Ethereum montrent déjà beaucoup de potentiel (voir Slock.it par exemple).

Parmi les applications existantes, on trouve des applications comme BoardRoom qui est un système de vote (utile pour gérer une organisation), des applications de prédiction d’événement ou de marché (comme Augur ou Gnosis), …

Ether et spéculation ?

Ethereum a besoin d’Ether pour fonctionner : l’exécution des programmes consomme ces ethers. Le système récompense aussi (par ces mêmes ethers) les membres du réseau qui participent à la vérification et sécurisation des transactions. Rien ne fonctionnerait sans ce mécanisme d’encouragement.

On peut spéculer sur la croissance du prix de l’ether avec les développements du système.

Investir aujourd’hui dans Ethereum est certainement une bonne idée car le système n’est encore qu’à ses débuts.

En juillet 2014, lors du financement participatif d’Ethereum, le prix avait été fixé à 1 bitcoin = 2000 ethers soit 1 ether = 0,145 €.

Début mars 2016, le prix de l’ether dépasse les 10€ soit une croissance de 6896% en 19 mois !

1 bitcoin investi en ether le 28 juillet 2014 vaut donc plus de 20.000€ le 5 mars 2016 !

Source : Cryptocompare.com
Source : Cryptocompare.com

Comment investir/spéculer ?

Il y a 3 façons d’investir (ou spéculer) dans Ethereum :

  • Miner des ethers (c’est-à-dire participer activement au réseau Ethereum) :
    1. En utilisant un ordinateur muni d’une carte graphique adéquate.
    2. En achetant un contrat sur https://www.genesis-mining.com (avec le code promotion : QZoDF9 soit 2,5% de réduction sur le prix affiché). C’est probablement le moyen le plus facile pour transformer des euros en ethers tout en participant activement au réseau Ethereum.
  • Acheter des ethers avec des euros (ou des bitcoins) sur une plateforme d’échange comme kraken.com.
  • Investir intellectuellement en comprenant le fonctionnement, voire s’amuser à concevoir des contrats intelligents même sans aucune connaissance en programmation avec etherscripter.

Une nouvelle étape sera lancée le « jour Pi » : 14 mars 2016

Le lancement de la seconde phase se fera ce 14 mars 2016 (jour Pi car noté 3/14/16 aux Etats-Unis). Appelée Homestead, cette étape est encore dédiée aux développeurs, mais elle est stable et on peut déjà mettre en production des applications. L’accent est mis sur la sécurité et la stabilité et c’est la dernière phase avant le lancement grand public.

Avec cette version stable, il faut s’attendre à ce que de nombreux nouveaux acteurs s’intéressent au réseau, le nombre de services proposés devrait exploser… Ainsi probablement que le prix de l’ether.

Des acteurs importants

Microsoft, IBM, Samsung et un consortium de 40 banques (R3) suivent Ethereum de près. Une plateforme de développement a été mise en place par Microsoft (Ethereum sur Azure) et devrait faciliter l’essor des services construits sur Ethereum. Et puis une myriade de Startups construisent sur Ethereum.

Conclusions

Investir dans le financement participatif en juillet 2014 était une bonne idée.

Et investir aujourd’hui est encore une bonne idée, la version Homestead de ce 14 mars va encourager les développeurs à utiliser cette nouvelle technologie, ensuite il y aura l’ouverture au grand public avec des outils adaptés comme un navigateur.

La suite : de la valeur d’Ethereum, un an plus tard !

Premiers pas dans Ethereum

Avant d’écrire et d’exécuter notre premier contrat, il faut avoir compris quelques concepts d’Ethereum :

Maintenant, pour comprendre Ethereum par la pratique, découvrons en quelques étapes concrètes comment écrire et utiliser un premier contrat décentralisé aussi appelé application décentralisée ou Dapp.

1) Préparer l’environnement Ethereum

  • Télécharger l’environnement AlethZero pour Windows ici.
  • Démarrer AlethZero.

Cet environnement inclut tout le nécessaire pour apprendre et démarrer (y compris la gestion d’un Block Chain local et la production d’Ether par « minage »). Voici à quoi ressemble AlethZero sous Windows 7 :

AlethZero Etereum Client
AlethZero Etereum Client

2) Ecrire un premier contrat

Un contrat dans Ethereum est l’équivalent du backend pour les logiciels classiques. Le langage utilisé ici est Solidity, d’autres langages existent comme LLL (inspiré du Lisp) ou Serpent (inspiré de Python).

L’exemple de contrat détaillé ici est une banque qui possède 1.000.000 unités monétaires qu’elle peut transférer sur d’autres comptes.

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Certification authentifiée via le Blockchain du Bitcoin

Une des applications du Blockchain (la base de données publique et sécurisée du Bitcoin) est de permettre d’authentifier des documents.

L’Université de Nicosie a publié les premiers certificats universitaires dont l’authenticité peut être vérifiée grâce au Blockchain. Ces certificats sont délivrés aux étudiants qui ont suivi avec succès le cours DFIN511 Introduction to Digital Currencies (introduction à aux devises numériques), qui est le premier cours universitaire offert sur le thème des crypto-monnaies.

Certificattion : Univiversity of Nicosia
Certificattion : Univiversity of Nicosia

DFIN511_2_Renaud_Valkenberg